La chambre funéraire En 1993 une petite équipe allemande a mené à bien une expérience difficile dans la grande pyramide égyptienne de Chéops.
Il s’agissait de savoir où menaient deux étroits couloirs qui s’élèvent vers le haut du monument en partant d’une chambre funéraire située plutôt au centre et en bas de la construction. Ces deux couloirs ont une section carrée de 20 centimètres. Leur pente est prononcée (40%). Ils ont été découverts lors de la première fouille moderne de cette pyramide qui a eu lieu en 1879.
Pour cette recherche, l’ingénieur Rudolf Gantenbrink a fabriqué un petit chariot dans un matériau ultra-léger avec l’aide de techniques qui s’apparentent à l’horlogerie pour certaines et à celles de la conquête spatiale pour d’autres. Ce chariot comportait trois moteurs électriques de déplacement, un dispositif à vérins interdisant toute redescente imprévue, une caméra miniature, un système de téléguidage et un projecteur directif. La progression du chariot était suivie sur un écran de télévision installé dans la chambre mortuaire.
Après quelques mètres d’ascension dans le conduit nord une complication apparut. L’écran de contrôle montrait que le couloir faisait un coude et partait dans une autre direction. Cela n’était pas grave puisque le robot était directif. Mais ses chenilles butaient contre un obstacle imprévu qu’il fallait contourner ou surmonter.
La solution de l'énigme La chambre funéraire : Parmi les réponses déjà citées par les premiers lecteurs de ce livre signalons en quelques unes particulièrement intéressantes :
— Un éboulis de pierres ;
— Différents cadavres d’animaux : chat, rat, serpent, chauve-souris (tout à fait possible pour ces derniers animaux, car dans certaines nécropoles les chauve-souris furent parfois si nombreuses que des couloirs de dimensions modestes ont été en grande partie comblés par leurs déjections) ;
— Un vêtement ;
— Un outil de tailleur de pierres ;
— Un crâne humain ;
— Une boule en bois ;
— Une poterie ou des morceaux de poterie ;
— Un cadavre d’enfant ;
— Une grille ;
— Une vitre.
Il faut souligner quelques idées fort ingénieuses :
— Une flèche d’arc au bout d’un fil ;
— Un rat attelé à un dispositif ne lui permettant pas de faire marche arrière ;
— Une idée insolite mais néanmoins intéressante : de l’argent.
Je me suis amusé à ajouter trois propositions à cette liste :
1 — Un panier avec des restes de nourriture ayant appartenu à l’un des ouvriers bâtisseurs (ce panier aurait pu glisser jusqu’au coude après être tombé accidentellement) ;
2 — Un autre chariot (celui-là rudimentaire) datant de l’exploration de la chambre funéraire dans les années vingt ;
3 — Une momie de chat :
Imaginons un contremaître de l’ancienne Égypte travaillant à la construction de la pyramide et éprouvant par ailleurs une grande affection pour son chat. Celui-ci meurt pendant les travaux. Notre homme éprouve un vif chagrin. Comme nombre de ses contemporains, il fait embaumer l’animal* qu’il dépose dans une poterie prévue à cet effet.
Un jour, alors qu’il travaille à la construction d’un des deux étroits couloirs, il prend une décision un peu folle : il emmènera avec lui les restes de son vieux compagnon sur son lieu de travail. Dès le lendemain, il enferme le corps de l’animal dans un sac. Le voici comme tous les jours au sommet du gigantesque chantier. Vers midi, alors que la chaleur est presque insupportable, il se retrouve un instant seul. En quelques gestes rapides, il sort la momie de son chat bien-aimé et la pose doucement sur le sol pentu du couloir. Il sait qu’elle va glisser jusqu’à la chambre funéraire. Il est enfin soulagé : l’animal qu’il a tant aimé accompagnera Pharaon sur le chemin du paradis...
(* Certaines chambres funéraires réservées aux chats en regroupaient plusieurs dizaines de milliers. Il existait également des urnes zoomorphiques ou des sarcophages prévus pour leur conservation.)
Il est temps maintenant de dire en quoi consistait l’objet qui fut réellement trouvé :
La chose détectée par la caméra ayant arrêté la progression du chariot était étroite, longue de plusieurs mètres et de section ronde. Intrigués, les archéologues télécommandèrent le zoom de la caméra pour avoir une vue plus précise de cet objet imprévu. Constatant qu’il comportait une extrémité filetée ils comprirent qu’il s’agissait de la tête d’une sonde métallique fabriquée sur mesure à la fin du 19ème siècle selon le principe des forages pétroliers et qui comportait à l’origine une succession de tiges que l’on pouvait visser les unes aux autres. L’extrémité coincée dans le coude n’avait pu ni avancer ni revenir dans la chambre. Cette sonde datait donc de la première exploration de la chambre (vers 1879). En cas de réussite, elle ne pouvait permettre que de connaître la longueur des couloirs.
Ainsi une tentative faite avec des moyens primitifs a presque fait échouer une recherche effectuée à l’aide de la technologie la plus avancée (laquelle sera forcément un jour proche considérée elle-même comme grossière...)
On ne sait toujours pas de façon certaine à quel usage étaient destinés les deux couloirs. Celui qui a été exploré finit à 59 mètres de la chambre funéraire. Il a été obstrué par une dalle de calcaire à faible distance du revêtement extérieur de la pyramide. Cette dalle a été descendue par son propre poids entre deux rainures formant glissières. Deux butées en cuivre empêchent sa remontée.
Le plus curieux est que ces étroits conduits ne débouchaient pas directement dans la chambre funéraire : la dernière pierre aboutissant à la chambre n’était en effet pas percée.
S’agissait-il de canaux permettant à l’âme du défunt de rejoindre plus rapidement Nout, la voûte céleste ?
Dans un ciel vide Au début des années cinquante, il arriva aux États-Unis une chose inattendue à un pilote de chasse qui s’entraînait au tir sur des cibles placées au sol. L’exercice se déroulait par beau temps et selon une procédure familière.
Le pilote eut tout à coup l’impression étrange qu’on tirait sur lui. Il ressentait assez nettement des chocs en rafales jusque dans le cockpit. La chose était incompréhensible puisqu’il n’y avait pas d’autre avion dans le ciel et qu’au-dessous s’étendait le désert. Un coup d’œil rapide aux ailes de son appareil ne le rassura pas : elles n’étaient plus dans leur état normal. Il signala le fait par radio ; l’ordre lui fut donné d’arrêter l’exercice et d’atterrir. Il se posa, tout en s’assurant du fait que le désert était vide de toute présence.
Au sol, deux choses furent immédiatement constatées : des projectiles avaient touché l’avion sans toutefois transpercer la tôle, ceci sous des angles d’attaque qui n’obéissaient pas aux lois de la balistique.
La solution de l'énigme Dans un ciel vide : Ce cas fut l’un des premiers d’une série qui posa quelques problèmes ! Les impacts avaient été produits par les balles provenant des mitrailleuses de l’avion lui-même. Pour la première fois, les avions volaient suffisamment vite pour rattraper leurs propres projectiles au moment crucial où ceux-ci sont en perte de vitesse.
Le chariot Maya Dans l’Amérique précolombienne on ne connaît pas de représentation (art mural, sculpture, tissage, codex, etc.) d’un moyen de transport comportant des roues. On n’a jamais retrouvé, pas plus au Nord qu’au Sud ou en Amérique centrale, le moindre reste d’un essieu. On n’en trouve pas plus trace dans les textes espagnols contemporains de la conquête ou dans la mémoire des peuples.
Pourtant, en 1969, un chariot en terre cuite long d’une vingtaine de centimètres et comportant quatre roues a été exhumé d’une tombe maya antérieure à l’arrivée des conquistadores.
La solution de l'énigme Le chariot Maya : Avant de livrer la solution, je vous propose l’explication qui m’est d’abord venue à l’esprit :
Un jour, bien avant l’arrivée de Pedro de Alvarado au Guatemala, un homme de caste moyenne, après avoir longuement observé des enfants qui font rouler des pierres sur le flanc d’une colline, a découvert le principe de la roue. La roue et l’axe sans lequel elle est inutilisable. Après réflexion, cet homme à l’intelligence vive a fabriqué un petit chariot de terre cuite. Il le regarde, fasciné, descendre une pente douce de terre battue située devant sa maison. L’homme n’est ni sculpteur ni céramiste, la terre est mal cuite, le chariot n’est pas bien beau, mais il roule !
Son invention —qu’il a naïvement décorée mais qu’il maîtrise mal— n’ayant aucun succès dans les collines où il vit, notre homme décide de la montrer en haut lieu.
Il part pour la capitale de la province, où il obtient non sans mal un rendez-vous auprès de son souverain. Un prêtre qui l’a pris en sympathie a facilité la chose.
Voici notre inventeur devant le Halach Uinic ("Le vrai homme"). Une pente faite de paille de maïs et de terre a été sommairement bâtie dans le palais pour les besoins de la démonstration. Le souverain se fait remettre le chariot, le retourne, en fait distraitement tourner les roues avec l’index puis, d’un mouvement du menton, ordonne le début de l’expérience. Notre inventeur est inquiet : il est sûr que la pente est trop raide. Il tente de parlementer, mais le Maître est pressé, il a d’autres choses en tête : les cités-états du nord menacent d’entrer en guerre contre sa capitale. L’homme lâche le chariot qui dévale rapidement la pente et vient buter contre la base de la plus proche colonne. Il s’y brise en plusieurs morceaux. Le Halach Uinic se lève et se retire sans un mot. La démonstration est finie.
Le prêtre aide notre homme à ramasser les morceaux et lui dit — " Toi, je t’aime bien, tu es intelligent, mais après cet échec, je te donne ce conseil : n’essaie pas de revenir au palais ! "
Les années passent. L’homme a réparé son invention qu’il dépoussière de temps à autre pensivement.
Le jour de sa mort, son fils aîné, qui connaît l’attachement de son père pour cet objet aussi bizarre qu’inutile, décide de le placer à ses côtés dans la tombe.
Le chariot reverra le jour sept siècles plus tard, alors que le monde entier se déplace sur des roues, y compris certains bateaux et les avions lorsqu’ils s’envolent ou se posent...
Cette explication peut plus ou moins satisfaire notre appétit de contes tristes, mais elle n’est pas la bonne. La vérité est tout autre et, comme souvent, plus inattendue.
Les archéologues considèrent en effet que ce chariot n’est pas une maquette ni un objet décoratif, mais tout simplement un jouet. Les Mayas, qui avaient développé une civilisation évoluée, connaissaient sans doute le principe de la roue mais s’interdisaient de l’appliquer par peur d’un trop grand bouleversement de civilisation. On a ainsi découvert que certaines sociétés anciennes ont eu des préoccupations sociales qui égalent et peuvent même surpasser les nôtres. Toujours en Amérique de Sud mais quelques siècles plus tard, les pirates inventèrent une sorte de "sécurité sociale" ressemblant beaucoup aux systèmes en vigueur actuellement dans les pays développés : une main perdue dans un combat donnait droit à une pension, un bras coupé offrait des avantages plus importants, etc. Paradoxalement, certains principes de solidarité virent le jour au milieu des pires exactions.
D'autres chariots de terre cuite en forme de caïmans, de jaguars, de chiens, etc., furent par la suite découverts dans les tombes de l’ancien empire Maya.
L 'absence d'animaux de trait dans l'Amérique précolombiene n'était de toute façon pas propice au développement de la roue (pour certains chercheurs, c'est la vraie cause).
Les chinois ont inventé la brouette au premier siècle avant J.C. Elle comportait une roue de grande taille, des brancards très écartés et une courroie passée sur les épaules. Les Chinois étaient capables de transporter des charges si lourdes sur cette ingénieuse invention qu'ils en firent un engin de guerre. De nos jours, les Vietnamiens ont véhiculé des milliers de tonnes de marchandises sur des bicyclettes qu'ils poussaient dans la jungle lors de la Guerre du Viêt-Nam. On dit parfois que c'est cet usage inattendu de la bicyclette qui a vaincu l'Amérique.
La brouette n'est apparue en Europe qu'à la fin du XIIème siècle.
Mr et Mme Martin ont un fils... Mr Martin et son fils sont en voiture.
Mr Martin ayant trop bu, ils ont un accident...résultats : Mr Martin est mort sur le coup et son fils doit être amené à l'hopital d'urgence.
Mais, en voyant le fils Martin, le chirurgien s'écrit : "Je ne peux pas l'opérer ! C'est mon fils !"